25 août 2016

Natalie Clifford Barney

Femme de lettres américaine (elle écrit des poèmes, ses mémoires, des épigrammes), Natalie Clifford Barney est une figure notoire du Paris de la Belle Époque et du monde de l’art. 
Ouvertement lesbienne, elle est surnommée l’Amazone à la fois pour son incroyable palmarès amoureux, sa passion pour l’équitation et son amour de la poésie grecque.
Son salon littéraire de la rue Jacob est un haut lieu de la culture française où se retrouvent peintres, écrivains, sculpteurs, journalistes, aristocrates, critiques littéraires, mécènes, danseurs et autres artistes célèbres, tant français qu’américains.

Une enfance épique

Née en 1876 dans l’Ohio, Natalie Clifford Barney est l'aînée d'une famille américaine où le père, Albert Clifford Barney, est un riche magnat des chemins de fer, et la mère, Alice Pike, une femme de caractère au parcours atypique.
Fiancée à un explorateur, Alice Pike le quitte pendant l’une de ses expéditions pour épouser son riche industriel. Lorsque celui-ci s’oppose à son amour de l’art, elle ne tient nul compte de sa volonté et s’initie à la peinture avec les plus grands artistes de son époque (Carolus-Duran, James Whistler) puis expose ses tableaux dans des galeries d’art renommées. Et elle ne s’arrête pas là, puisqu’elle est aussi inventrice (de procédés mécaniques), écrit des pièces de théâtre et même un opéra. Puis, alors que ses deux filles sont encore jeunes, elle quitte l’Amérique. Toutes les trois s’installent à Paris, et Alice laisse ses enfants à l’internat.

Le triomphe de l’Amazone

« Je ne juge d'après leurs actes que ceux pour qui j'ai de l'antipathie. » (Éparpillements, Natalie Barney) 

Natalie Clifford Barney à 10 ans, peinte par Carolus Duran
Attirée par les femmes depuis son plus jeune âge, Natalie Clifford Barney décide, à 12 ans, de vivre son homosexualité au grand jour.
Fervente admiratrice de Sappho, la célèbre poétesse grecque, elle s’entoure de jeunes et jolies jeunes femmes, et multiplie les conquêtes amoureuses : Liane de Pougy, l’une des courtisanes les plus prisées de la place parisienne; la poétesse Renée Vivien; l’écrivain Colette; Eva Palmer; Lucie Delarue-Mardrus, une poétesse anglaise; Emma Calvé, cantatrice ; Romane Brooks, artiste peintre; Henriette Roggers, actrice ; Élisabeth de Clermont-Tonnerre, duchesse; Janine Lahovary, épouse d'un ambassadeur roumain; Dolly Wilde, la nièce d'Oscar Wilde; et bien d’autres encore !... Affichant une totale liberté de mœurs, ne s’embarrassant d’aucun époux ni même d’aucune exclusivité amoureuse, elle est connu pour son indépendance farouche, son charme à toute épreuve, son infidélité patentée et bien sûr, la finesse de son esprit.

Un salon très prisé

Natalie Clifford Barney avec un chien
A 26 ans, elle hérite d’une partie de la fortune de son défunt père, et devient riche. Sept ans plus tard, en 1909, elle s’installe au 20 rue Jacob, dans un charmant pavillon au cœur de Saint Germain.
C’est là qu’elle organise, tous les vendredis pendant près de soixante ans, son célèbre salon littéraire où se pressent les figures les plus influentes du moment.
Parmi elles, citons : le dandy Robert de Montesquiou, la mécène d'art et écrivain Gertrude Stein avec sa compagne Alice B. Toklas, le sculpteur Auguste Rodin, les écrivains Françoise Sagan, Marguerite Yourcenar, James Joyce, Sinclair Lewis, Jean Cocteau, Colette, Radclyffe Hall, Somerset Maugham, Nancy Cunard, Truman Capote, Rainer Maria Rilke, André Gide, Djuna Barnes, Paul Valéry, Max Jacob, Pierre Louÿs, Paul Claudel, Anatole France, la poétesse et dramaturge américaine Edna St. Vincent Millay, les poètes et critiques littéraires T. S. Eliot et Ford Madox Ford, le compositeur Virgil Thomson, la danseuse Isadora Duncan, le poète et musicien américain Ezra Pound, le pianiste et compositeur George Antheil, la journaliste Janet Flanner, la célèbre mécène américaine Peggy Guggenheim, l’artiste peintre Marie Laurencin, les libraires et éditrices Adrienne Monnier et Sylvia Beach, le couple Scott et Zelda Fitzgerald, la soprano Emma Calvé …

Dans l'un de ses livres, voici le plan que dresse Natalie Barney de son salon littéraire :



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