Dossier de presse

Titre : Un Renard dans le Miroir
Auteure : Luisa Gallerini
Publication : Février 2019 (2nde version illustrée; Juin 2016 pour la 1ère édition)
Catégorie : Fiction / Roman érotique

Pour toute demande d’interview, d’exemplaire de presse ou d’information supplémentaire, merci d’écrire à : luisagallerini@gmail.com
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Accroche

Invitée par un inconnu dans un célèbre salon parisien, Joséphine voit sa vie basculer en une soirée : de pulsions animales en amours initiatiques, d’aventures saphiques en plaisirs éphémères, où l’extraordinaire pouvoir du miroir magique mènera-t-il l’innocente jeune fille ?

Résumé

Vous aimez les livres érotiques, la littérature fantastique,  les romans policiers, les lettres classiques ?
Vous allez adorer Un Renard dans le miroir.
Laissez-vous surprendre, séduire, ensorceler par le double pouvoir magique d’un récit initiatique unique.
Grâce aux révélations du miroir magique, vous ne verrez plus vos proches comme avant, ni vous-même d’ailleurs. Peut-être même comprendrez-vous quel animal sommeille en vous.
Au fil des pages, des robes effeuillées, des baisers volés, des caresses interdites, des désirs irrésistibles, des initiations fulgurantes, des promesses enfreintes, vous suivrez Joséphine, une jeune innocente, dans de troublants jeux érotiques. Un seul mot d’ordre : le Plaisir. Et pour les plus téméraires d’entre vous, sachez qu’aucune porte n’est verrouillée. N’hésitez donc pas à renoncer au trou de la serrure pour vous glisser dans la peau de l’héroïne, au cœur même de l’intrigue.
Alors, tenté par l’invitation de l’indomptable Dona Lampado, la Maîtresse des lieux, un célèbre salon mondain parisien ? Oserez-vous, à votre tour, vivre les aventures libertines de Joséphine… à vos risques et périls ?

4ème de couverture

N’êtes-vous jamais fier comme un paon ou têtu comme une mule ? Etes-vous plutôt rusé comme un renard ou bête comme une oie ? L'homme, dit-on, est un animal comme les autres.

A sa sortie du couvent, Joséphine reçoit une invitation anonyme accompagnée, dans un paquet soigneusement ficelé, d’un miroir en argent. Conviée à une soirée parisienne très prisée, elle ne résiste pas à sa curiosité naturelle. Et pourtant, les rumeurs les plus folles courent sur le compte de la maîtresse de maison, une riche Américaine à la réputation sulfureuse. En tombant dans ses filets, Joséphine succombe à la première d’une longue série de tentations… Entre aventures éphémères et plaisirs saphiques, pulsions animales et expériences initiatiques, la soirée prend vite un cours inattendu. D’autant que le miroir en argent possède un étonnant pouvoir magique : révéler la véritable nature des êtres vivants. Fascinée par cet extraordinaire secret, Joséphine mène son enquête. Qui a bien pu l’inviter à ce salon mondain, et pourquoi ?

Au fil de ses rencontres avec des créatures surnaturelles aussi séduisantes que menaçantes, Joséphine est confrontée à la formidable complexité de l’espèce humaine. Le but ultime de sa quête ? Sa nature la plus profonde.

*****

A l’image du Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde et de L’Ile du docteur Moreau d’H. G. Wells, Un Renard dans le Miroir est une invitation à voir au-delà des apparences ; dans la veine des nouvelles érotiques d'Anaïs Nin, ce roman fantastique est aussi une invitation à vivre une inoubliable nuit… sans sommeil.

Note d'intention

Érotique, fantastique, policier, initiatique et bien sûr, classique

Un livre érotique : la légèreté, source inépuisable de plaisir
Un Renard dans le miroir met en scène les premiers émois amoureux, sensuels et charnels de Joséphine, une jeune fille fraîchement sortie du couvent. Invitée à une soirée où elle ne connaît personne, pas même son hôte, elle fait la rencontre de personnages très différents qui contribuent, chacun à leur façon, à son éducation sentimentale et sexuelle. Mue par la curiosité, elle perd peu à peu son innocence, sa candeur, ses croyances morales et sa vertu. En la personne de Dona Lampado, la Maîtresse de maison, elle trouve un mentor. Profitant de son ascendant, cette dernière l’initie aux jeux de l’amour, au plaisir et au partage. Joséphine prend alors conscience de son pouvoir de séduction, et ce faisant, de sa nature profonde, de la puissance et de la multiplicité de ses désirs.
Un roman fantastique : entre magie et psychomorphologie
Dans Le Portrait de Dorian Gray, un tableau possède le pouvoir magique d’effacer du visage d’un dandy corrompu les marques de ses mauvaises actions. Dans Un Renard dans le miroir, c’est un miroir qui possède un pouvoir magique, celui de révéler la nature animale des êtres qui s’y reflètent. A l’instar du tableau, le miroir a le pouvoir de révéler la face cachée, considérée comme sombre, de la nature humaine.
Dans L’Ile du docteur Moreau, H. G. Wells nous plonge dans un univers cruel et bestial à l’image de notre société, une île peuplée de créatures monstrueuses entre l’homme et la bête. Dans Le loup des Steppes, Herman Hess s’intéresse à l’animalité chez l’homme, à ses instincts sauvages. Plus récemment, dans Truismes, Marie Darrieussecq narre le récit d’une étonnante métamorphose, tant psychique que physique, celle d’une jeune femme en truie. Dans Un Renard dans le miroir, Luisa Gallerini explore à son tour le thème de l’animal chez l’homme.
Et ici, la comparaison ne s’arrête pas aux instincts primaires que l’homme partage généreusement avec les autres mammifères. Elle s’attache aussi à l’apparence physique, à ces ressemblances que l’on note souvent entre telle personne et tel animal. Pour exemple, le physique porcin d’un quidam ; le cou de girafe d’une voisine ; le faciès chevalin d’une institutrice ; le physique taurin d’un sportif ; ou encore le visage simiesque d’un passant. Appliquant le principe de base de la psychomorphologie, une correspondance est établie entre la psychologie des personnages et leurs caractéristiques physiques, donc animales. Grâce au miroir magique, Joséphine perçoit ce lien secret, pourtant évident, qui unit l’homme à la bête. En voyant dans le miroir magique l’animal qui se cache derrière certains convives, elle découvre la nature profonde des êtres humains qui l’entourent. Puis, peu à peu, elle comprend que le comportement, le caractère et les actes de ces êtres hybrides sont conditionnés par leur nature animale.
Un roman policier : de l’enquête à la quête
Dans Un Renard dans le miroir, il n’est pas question de meurtre, ni de gendarme, mafia ou grand banditisme. En revanche, il y a bel et bien un mystère à élucider, et de taille : Joséphine ne sait pas qui l’a conviée à la soirée, ni pourquoi. Prisée du tout Paris, celle-ci est fréquentée par des artistes, des mécènes, des journalistes, quelques riches Américains et les nombreuses amies de la maîtresse de maison. A mesure que la soirée avance, Joséphine décide d’interroger les convives pour percer ce mystère, d’autant que l’invitation est accompagnée d’un miroir qui l’intrigue tout particulièrement puisqu’il est magique. Pourtant, est-ce réellement le but de cette enquête qui compte, ou plutôt le chemin qui y mène ? Où se termine l’enquête, et où commence la quête initiatique de la jeune fille ?.  
Un récit initiatique : la parabole du miroir
Le miroir magique symbolise notre sens de l’observation, l’acuité du regard que nous portons sur nos congénères et sur nous-mêmes. Il agit comme un accélérateur pour certains, un révélateur pour d’autres. En apprenant à cerner les gens, à saisir leur véritable caractère, à anticiper leurs désirs et leurs actes, Joséphine avance dans une quête très personnelle, celle du célèbre « connais-toi toi-même » de Socrate.
Pour l’amour des Lettres classiques
Dans Un Renard dans le miroir, le souci de l’écriture est permanent. Rédigé dans un style écrit propre au début du siècle dernier, il se nourrit du champ lexical des animaux. Ainsi, le récit est rythmé par de nombreux clins d’œil, qu’il s’agisse de jeux de mots, d’expressions ou de proverbes comparant l’homme à l’animal. Par exemple : un rat de bibliothèque, une grenouille de bénitier, un chien de garde, s'entendre comme chien et chat, garder les cochons ensemble, se regarder en chien de faïence, le jeu du chat et de la souris, une langue de vipère, comme un ours en cage, avoir la chair de poule…

De l’adhésion des lecteurs

L’érotisme ; ou comment tenter le lecteur
Combien d’entre nous ont peaufiné leur éducation sexuelle en lisant des romans dans la bibliothèque de leurs parents, ou en feuilletant des magazines cachés sous le lit ? Pourquoi des œuvres aussi dérangeantes que Les Onze Mille Verges d’Apollinaire, ou les tribulations des infortunées héroïnes du Marquis Sade, ont-elles gagné un public aussi nombreux ? D’où vient cet engouement pour le célébrissime Kamasutra, qui se vend depuis une éternité, dans le monde entier, comme du pain béni ? Pourquoi, finalement, est-on aussi souvent tenté de regarder par le trou de la serrure ? Outre sa curiosité naturelle, l’homme a soif d’apprendre. Mais pas seulement ; il est aussi en quête perpétuelle de plaisir, ces petits moments de bonheur qui, cumulés, illuminent la plus terne des existences. Au-delà de la dimension didactique de la littérature érotique, se situe donc une autre cause de son succès.
Sinon, qui aurait succombé aux scènes torrides de L’Amant de Marguerite Duras ? Pourquoi plusieurs traducteurs auraient-ils ajouté des détails croustillants aux célèbres contes des Mille et Une Nuits ? Comment les nouvelles érotiques d’Anaïs Nin auraient-elles séduit tant de lecteurs ? La Bicyclette bleue aurait-elle connu le même retentissement sans les tribulations amoureuses de Léa ?
La littérature érotique possède en effet un autre pouvoir, un pouvoir presque magique d’ailleurs. Le pouvoir de troubler les lecteurs au plus profond d’eux-mêmes, de susciter le désir en eux, l’excitation et même le plaisir. Et c’est cette sensation, à la fois puissante et particulièrement agréable, qui a fait le succès de la collection Harlequin et la renommée de bestsellers mondiaux comme Cinquante Nuances de Grey, Histoire d'O, L'Amant de lady Chatterley ou encore des romans d’Emmanuelle Arsan.

Un Renard dans le miroir joue sur ces deux tableaux à la fois, sans jamais tomber dans les dérives ou pratiques plus sombres de la sexualité allant parfois jusqu’au délit (pédophilie, sadisme, viol, nécrophilie…), et tout en cultivant l’amour de la langue française, des mots et des lettres classiques : l’apprentissage des jeux de l’amour, et le plaisir de ressentir, juste en lisant, toute la puissance du désir.
Enquête, suspense et rebondissements ; ou comment tenir le lecteur en haleine
Un Renard dans le miroir invite le lecteur, au travers de Joséphine, à l’une des soirées mondaines les plus prisées du siècle dernier. Et c’est là, dans un espace-temps très resserré (une coquette maison parisienne, en une soirée), que se déroule l’intrigue, rythmée par de nombreux rebondissements. Le mystère de l’invitation anonyme s’épaissit au fil des pages, et c’est en dénouant les relations cachées des invités (à quel prix ?) que Joséphine parvient à résoudre l’énigme de sa présence et du miroir magique.
Réalité ou fiction ?
A l’instar de La Momie de Pâques, Un Renard dans le miroir emmène le lecteur dans une réalité parallèle, la fiction. La narration à la première personne favorise l’identification de ce dernier avec le personnage principal, lui permettant de ressentir plus fort la peur comme l’excitation. Cette vision partielle contribue également à accroitre le suspense (le lecteur ne vit les évènements qu’au travers de Joséphine et ne sait pas ce qui se passe autour d’elle), et bien sûr, l’emprise du livre sur le lecteur. Le but avoué de cette manœuvre ? Que le lecteur ne pense qu’à une chose, connaître la suite de l’histoire, quitte à lire le livre d’une traite.
Si les personnages sont fictifs, il ne s’agit que d’une apparence. En effet, Un Renard dans le miroir possède une clé de lecture secrète : la posséder donne au roman une nouvelle dimension, culturelle et ludique à la fois. Chaque personnage fictif possède un double réel (par exemple, Dona Lampado n’est autre que Natalie Clifford Barney ; et le Prince Palamède de Carency, Robert de Montesquiou). Les mœurs des personnages sont parfois liées à la réalité (comme l’amour de Natalie Barney, alias Dona Lampado, pour le beau sexe). Mieux encore, chaque élément fantastique du roman prend sa source dans une ressemblance bien réelle (Ford Madox Ford, alias John Brown, ressemble en effet à un phoque). Enfin, le contexte historique, géographique, social et culturel est lui aussi bel et bien réel.
En mêlant faits imaginaires et réels, Un Renard dans le miroir crée à son tour des ponts d’un monde à l’autre. Les limites du réel sont repoussées, et le lecteur se trouve plongé dans une réalité alternative dont il est bien plus que spectateur. Sans dissociation du réel de l’imaginaire, les émotions ressenties sont décuplées. Plus le réel se mêle à la fiction, plus le récit devient réel, impactant.
Grâce à ce canal de communication privilégié, Un Renard dans le miroir relève un défi crucial : émoustiller le lecteur, éveiller le désir en lui, le troubler, et même susciter du plaisir, par le seul pouvoir des mots. Un Renard dans le miroir n’est pas un roman qui se lit, c’est un roman qui se vit, se ressent.

La genèse du livre

Naissance d’une idée
C’est en lisant un recueil de lettres adressées à Natalie Barney, où sont décrites les relations qui unissent certains habitués du célèbre salon littéraire parisien tenu par l’Américaine, que l’idée d’un roman se déroulant en huis clos, à cette époque précise et dans une soirée mondaine similaire, est née. Puis en lisant la biographie de Natalie Barney, le thème du roman s’est imposé de lui-même : l’érotisme, et bien sûr le saphisme. En effet, cette célébrité parisienne n’a jamais caché son impressionnante collection de conquêtes féminines, ni son goût pour l’initiation de jolies jeunes femmes sans expérience. Ainsi donc, seul manquait le fil conducteur de l’histoire. Jusqu’au jour où la ressemblance entre un homme politique et l’animal que l’on nomme cochon apparut comme évidente. La tentation, dès lors, était trop grande pour y résister : ce nouveau roman s’intéresserait à la part animale de nous autres êtres humains, qui avons la fâcheuse tendance à nous considérer comme des êtres supérieurs. 
Travaux préparatoires
En premier lieu, je menai des recherches sur le salon littéraire de Natalie Barney (qui le fréquentait ? où se déroulait-il ? que s’y passait-il ? quels liens unissaient les différents convives ? quels intérêts avaient-ils ?…). Puis je m’imprégnai de cette époque charnière où l’art et la culture triomphaient dans les hautes strates de la société. Après avoir lu plusieurs ouvrages sur ce sujet, comme la biographie de Liane de Pougy par Jean Chalon, je complétai mon immersion au musée Carnavalet où l’on trouve un célèbre portrait de Natalie Barney, l’impressionnante reconstitution de la chambre de Marcel Proust, l’immense tableau d'Henri Gervex, Une soirée au Pré-Catelan, de fascinants portraits d’Emile Blanche, ou encore les charmantes scènes de vie de Jean Béraud. Enfin, je relus l’un de mes romans transgressifs préférés, La Religieuse de Diderot, pour mieux me glisser dans la peau d’une jeune ingénue au jour de son initiation.
Je n’eus plus alors qu’à établir la liste exacte des personnages du roman avec, en vis-à-vis, leur nature véritable qui, bien entendu, devait être en accord avec les caractéristiques physiques de leur double réel. Puis je rassemblais un maximum de citations, expressions et proverbes ayant pour sujet l’animalité chez l’homme. La matière première était prête, je pouvais à présent construire le plan du roman et commencer sa rédaction. 
Une structure au service de l’intrigue
Rédigé à partir d’un plan détaillé rigoureux, le roman est structuré avec une précision d’horloger. Grâce à ce cadre qui donne un rythme très rapide au récit, il se nourrit de rebondissements, de rencontres, d’intermèdes érotiques et de nombreux dialogues.
Un style soigné
Un Renard dans le miroir est un texte rédigé par une jeune femme racontant un épisode de sa vie survenu dans les années 1920. Le style reflète donc à la fois l’époque de la narratrice, son milieu social, son sexe, et son âge au moment de la rédaction des faits et des faits eux-mêmes pour les dialogues.
De l’universalité de la sexualité
Introduire dans un roman érotique « grand public » des relations charnelles entre femmes répond à la fois à un souci de réalité (ouvertement lesbienne, Natalie Barney invitait ses maîtresses (anciennes, présentes et futures) à son salon littéraire) et à un plaisir non dissimulé de sortir des sentiers battus. Et ce faisant, de relever un défi de taille, s’adresser à tous, hommes et femmes confondus, quelle que soit leur orientation sexuelle, avec une thématique érotique axée sur le saphisme. Pour susciter le désir chez ces lecteurs très différents, ils sont amenés, page après page, à s’identifier à la narratrice. Tout être humain n’a-t-il pas une part féminine et masculine en lui ? De la même manière, ne sommes-nous pas tous, au fond, un peu bisexuels ? Et finalement, à y regarder de plus près, la sexualité, qu’elle se manifeste entre un homme et une femme, deux femmes, deux hommes, ou encore deux femmes et un homme, ne répond-elle pas aux mêmes stimuli, ne suscite-t-elle pas le même désir et n’entraîne-t-elle pas le même plaisir chez les différents et heureux protagonistes ?

Biographie

Née en 1976 à Paris, Luisa Gallerini est une romancière française. Scientifique de formation, elle rédige de nombreux articles pour la presse écrite, où elle publie aussi des nouvelles.
Passionnée d’Egyptologie, d’art et de littérature fantastique, elle publie en 2015 son premier roman La Momie de Pâques. Chasse aux trésors entre l’Egypte du 19ème siècle et l’Europe contemporaine, ce récit d’aventure mêle histoire, religion, fantastique et romance sentimentale au rythme d’une quête effrénée de la vie éternelle. Son deuxième livre, Un Renard dans le Miroir, paraît en 2016. Entre quête initiatique, enquête policière et roman fantastique, ce récit érotique lève le voile sur l’un des plus célèbres salons littéraires du siècle dernier.

Citations

Vous dites que les chats ne pensent qu'à jouer, mais leur jeu préféré n'est-il pas le jeu du chat et de la souris ? 
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C'est ainsi que j'appris que ce que nous appelions ordinairement les hommes appartenaient en réalité à trois catégories bien distinctes : les « hommes » à proprement parler (…); les « hommanimaux », qui rassemble les êtres hybrides dont l'humanité prime sur l'animalité; et les « animhommes », qui regroupe les créatures pour lesquelles, à l'inverse, l'animalité l'emporte.
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Pour l'être humain comme pour l'être hybride, l'animalité est un vice, une honte, une tare. Qui plus est, personne n'est prêt à reconnaître la beauté dans l'animalité, ni la corruption dans l'humanité.
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Une promesse n'a aucune valeur s'il n'y a pas de mise à l’épreuve.
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Comment avais-je bien pu ressentir ce douloureux sentiment de trahison en apprenant que Rosalind était tombée dans les serres de la femme-vautour après s'être pendue au cou de la femme-girafe ?

Extraits choisis

Bouche bée, je détaillai ledit prodige. L'homme, c'était irréfutable, affichait un faciès de rat. Était-ce pour autant sa nature profonde ? Si tel était le cas, cela signifiait-il que la part animale prenait chez certaines personnes une telle ampleur que le commun des mortels était en mesure de la percevoir ?

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Après une courte pause, le temps de jeter un coup d'œil circulaire, elle s'enfonça sans bruit dans les hautes herbes. J'orientai le face-à-main ; quand sa face triangulaire s'imprima à sa surface, je réprimai un sursaut d'épouvante. Et pourtant ! Mon intuition était exacte. Sa langue fourchue, qui pointait en sifflant entre ses lèvres écailleuses, ses grands yeux verts dorés aux pupilles ovales... Depuis la nuit des temps, l'homme luttait contre ce fléau. La mère de l'humanité elle-même n'avait-elle pas succombé au pouvoir persuasif de cette créature perfide ? La nature nourrissait et nourrirait toujours un serpent en son sein. Ce soir-là, il s'agissait d'une vipère, et elle s'appelait...

*****

Dans le miroir, mon corps s'arquait sous ses caresses. Elle m'interdisait de me retourner, de quitter cette inconfortable posture qui me mettait face à nos ébats et à l'avancée de mon plaisir. Je ne pouvais pas l'embrasser, dévorer ses seins et ses cuisses, me perdre en elle et ruiner sa promesse. Pire ; dès que je croisais, dans la glace, ses grands yeux de félin, mon trouble s'en trouvait décuplé. Lorsqu'une brutale convulsion m'arracha un cri de désespoir, je ne fis plus qu'une avec l'instrument fantôme qui fouillait mes entrailles comme les pattes griffues d'une lionne. Sous le coup de la surprise, aveuglée par une cascade de paillettes multicolores, je me pliai en deux ; Dona me rattrapa de justesse pendant que la chose tombait par terre avec un claquement sec. Quand je rouvris les yeux, un outil au manche en bois, cerclé de cuivre, gisait à mes pieds.

*****

C’est alors qu’une grosse poule traversa mon champ de vision. Je fis aussitôt volte-face. Sous le coup de la surprise, j’étouffai un cri en découvrant le comte de Mailly qui arpentait le jardin à grands pas, enchaînant les ronds de fumée avec son cigare. C'était impossible ! Le comte ne pouvait être une poule ! Interdite, je repris le face-à-main. Le volatile apparut à nouveau, sautillant dans l'herbe. J'examinai l'oiseau avec suspicion. Son petit œil cruel fouillait l'obscurité, tandis que de son bec, il picorait d'invisibles graines. Il était tellement énorme que je ne voyais pas ses pattes. Je n'en croyais pas mes yeux… Quelle farce ! Cet être arrogant et vaniteux... une poule !

*****

Comment avais-je pu croire qu'elle serait tenue par sa parole ? Elle ôta adroitement la crinoline puis s’accroupit devant moi. Toute force m'avait quittée. Elle saisit l’une de mes chevilles, plongea ses yeux dans les miens, puis l’effleura de l'envers de la main ; je sentais son souffle chaud sur mon mollet.
— Que faites-vous ? m’enquis-je d’une voix faible, troublée par cette sensation que je connaissais déjà sans parvenir à l'identifier.
— Devinez, répondit-elle en posant brièvement ses lèvres sur ma peau.
Elle remonta le long de ma jambe. Prostrée, je fermai les yeux pour mieux sonder ma mémoire mais j’avais toutes les peines du monde à rester concentrée. Où diable avais-je déjà senti cette pression aérienne et bondissante, légèrement humide ? Au moment où elle mordilla ma cuisse, je compris.

*****

Hors de moi, je repoussai à nouveau sa main. La brume qui alors, obscurcit ses yeux, me glaça. J'avais oublié que je tenais tête à l'animal le plus dangereux de la savane. Nulle bonté n'émoussant la cruauté de son regard vorace, je savais ce qu’il me restait à faire. Je fis glisser le col de son chemisier, sa peau frissonna. D'une main tremblante, j'effleurai sa joue avant de fermer ses yeux. D'instinct, je savais combien mes caresses auraient le pouvoir d’apaiser sa colère. Mais rien n'est jamais aussi simple qu'on ne l'imagine. Grisée par le délicat parfum de ses cheveux, je ne parvenais pas à quitter son cou, et pour cause !...  À mon grand désarroi, un irrépressible désir de mordre s'était emparée de moi...
Si près de mes lèvres, sa peau diaphane me paraissait soudain tendre et savoureuse. Mon sang cognait dans mes veines, échauffant mes pommettes. Dans un sursaut de lucidité, je m'éloignai. Mais elle poussa un profond soupir et une nouvelle pulsion, plus violente que la précédente, m’étourdit.

*****

Je reconnus sans peine la femme-vipère qui rampait derrière une haie. Ironie du sort, j'étais moi-même suivie. Je la rejoignis sans bruit.
— Croyez-vous me faire peur en jaillissant devant moi comme un diable de sss sa boîte ? siffla-t-elle en époussetant sa robe.
— Pourquoi me suivez-vous ? l'interrogeai-je en me disant qu'elle ferait elle-même un parfait démon à enfermer dans une boîte bien hermétique.
— Moi, vous sss suivre ? Oh ! Je vois, continua-t-elle d'un air détaché. On vous a parlé de la « novice vicieuse ». Et quelles horreurs vous a-t-on racontées à son sss sujet ?
— Les horreurs que vous avez aimablement colportées.
— Comme sss ce doit être terrible alors !  ricana-t-elle en humectant sa lèvre inférieure.
— Pourquoi donc cherchez-vous à ruiner ma réputation ? m'impatientai-je en élevant la voix malgré moi, profondément agacée par son attitude.
— Ma chère petite, auriez-vous la mémoire sss si courte ? Faites un petit effort, allez, vous verrez, tout sss s'éclaircira.
— Faites-vous allusion à ce qu'il s'est « passé » entre nous ?
— À quoi d'autre ferais-je allusion ? M'auriez-vous causé d'autres torts ? demanda-t-elle en glissant sa langue entre ses dents pointues.

*****

Un rictus radieux étirait ses fines lèvres. Lentement, elle m'embrassa. Ses crocs acérés, sa langue fourchue, ses yeux vénéneux, ses baisers, tout m'enflammait. Miss O’Connell relâcha son étreinte. Derrière mes paupières mi-closes, je la vis échanger un sourire avec Madame St Milady avant de me libérer tout à fait. Je la retins alors, l'attirant à moi, tandis que ma bouche accueillait l'avide langue de vipère. Miss O’Connell éclata de rire. Qu'y avait-il de si d'étonnant pourtant à ce qu'après une telle soirée, je succombe aussi aisément aux charmes machiavéliques d'une femme-serpent ?
Plus ses baisers se faisaient pressants, plus mon corps réclamait, encore et encore. Et ce qui devait arriver, arriva... Agacée par les ricanements intempestifs de Miss O’Connell, je pris sa main, troussai moi-même mes jupes et la glissai entre mes cuisses. Elle se tut aussitôt. Enhardie, la femme-vipère délaissa mes lèvres pour creuser de sa langue fourchue un passage entre le cou et l'épaule. J'étais aux anges... Lorsque Miss O’Connell, piégée à son tour, se risqua à des caresses plus audacieuses, mon désir avait atteint son paroxysme. Sans réfléchir, je guidai sa main en étouffant de profonds gémissements tandis que sa comparse, qui sifflait de plus en plus fort, dégrafait ma robe. Entièrement nue, j'avais toujours aussi chaud.

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Lectures audio

Le baiser d'Irène (lu par l'auteure)
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Illustrations

L'homme-autruche

L'homme-sanglier

L'homme-cheval

L'homme-cochon

L'homme-renard


Catégorie BISAC

Fiction / Romans érotiques

Mots clés

  • Erotique
  • Roman initiatique
  • Littérature fantastique
  • Romance sentimentale
  • Gay et lesbien

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